Homélie dominicale

14. Dim- Vr, 2ème dim.du Temps Ordinaire- G, C, P dominicale-
1re Lecture : 1 S 3, 3b-10.19 ; Ps40 (39), 2ab.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd-11cd ;
2e Lecture : 1 Co 6, 13b-15a.17-20 ;
Jn 2, 35-42
Homelie donnée par Abbé Casimir RUZINDAZA

La liturgie du deuxième dimanche du temps ordinaire nous invite à méditer sur notre vocation comme réponse à l’appel du Seigneur. Dans la première lecture, il s’agit de la vocation du jeune Samuel. Saint Paul dans la deuxième lecture rappelle aux chrétiens de Corinthe qu’après avoir rencontré le Seigneur, et entendu son appel, rien ne peut être comme avant. L’Évangile abonde dans le même sens et nous parle de la vocation des premiers disciples.

Dans la première lecture, nous voyons comment le Seigneur appelle Samuel trois fois, lui donnant suffisamment le temps pour le discernement de sa vocation. Pendant cette période de discernement, il cherche de connaitre la véritable source de son appel. Heureusement et par providence, Samuel est aidé par Eli qui est plus âgé, et plus expérimenté dans les voies du Seigneur. Samuel a fait confiance à l’expérience d’Eli et il a suivi son conseil : "Va te recoucher et s’il t’appelle, tu diras : Parle Seigneur ton serviteur écoute." Ainsi, Eli aide Samuel à répondre à l’appel du Seigneur avec foi, et comme nous lisons dans le texte : " L’enfant grandit. Le Seigneur était avec lui et aucune de ses paroles ne demeura sans effet. "
L’Eglise nous rappelle que génération après génération, le Seigneur continue à nous appeler d’une manière très différente selon sa volonté. Comme pour Samuel, le Seigneur nous appelle plusieurs fois mais ce n’est pas toujours facile de reconnaître sa voix. Il nous faut aussi des ‘médiateurs’, et des ‘messagers’ ; des personnes qui peuvent nous aider à faire un bon discernement de l’appel du Seigneur, comme les directeurs spirituels. Comme Samuel, nous devons faire confiance à ces gens et suivre leurs conseilles.

Dans le même sens, Saint Paul rappelle aux chrétiens de Corinthe dans la deuxième lecture que leur rencontre avec le Seigneur doit être le début d’une vie entièrement nouvelle. En tant que temple du Saint-Esprit, le Seigneur est toujours avec nous, malgré toutes sortes de tentations que nous pouvons rencontrer sur notre chemin. Suivant l’exemple de Samuel, nous sommes invités à écouter l’appel du Seigneur et nous laisser guidés par sa volonté.

Dans l’Évangile, nous méditons sur la vocation des premiers disciples. Ces hommes, cherchant le Seigneur, avaient commencé par suivre Jean Baptiste, car ils étaient attirés par sa vie et son enseignement. Inspirés par les paroles de Jean-Baptiste, ils ont découvert le Seigneur qui était déjà au milieu d’eux : "Voici l’Agneau de Dieu". À l’heure actuelle, l’Église continue à méditer ces paroles de Jean-Baptiste pendant la célébration de l’Eucharistie : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde. » Quand ils ont entendu ces paroles de Jean, ils ont immédiatement et résolument suivi Jésus. Jésus voit leur bonne intention et les aide à ouvrir davantage leurs yeux : « Que cherchez-vous ? » Avec cette question, Jésus se manifeste aux disciples dans leur cheminement spirituel. Dans ces circonstances, la question que Jésus pose semble tout à fait rhétorique, mais c’est au faite la question que tout individu désirant progresser dans sa vie spirituelle doit constamment se poser : « Qu’est-ce que je cherche vraiment ? Quels sont mes désirs les plus profonds ? Une vocation ne réussira pas tant qu’elle ne sera pas perçue comme répondant à un désir ardent dans les profondeurs de notre existence.

Comme dans le cas de la vocation de Samuel, les disciples trouvent le Seigneur avec l’aide de Jean-Baptiste, mais chacun de sa façon. Jean-Baptiste révèle qui est le Christ, André lui amène son frère et Philippe lui apporte Nathanaël. Leur désir est d’atteindre le Seigneur en suivant des voies différentes selon la façon dont le Seigneur les appelle et comment ils répondent à cet appel.

À travers ces lectures, l’Église nous enseigne que bien que nous soyons tous appelés par le Seigneur, il peut le faire différemment, et nos façons de répondre à son appel peuvent être différentes. En tout cas, notre réponse devrait être guidée par la foi. De même, nous pouvons recevoir l’appel de Dieu à travers les messagers que le Seigneur choisit, pour se manifester à son peuple. En écoutant ces frères et sœurs, nous grandissons dans notre vocation. Il est vrai que Dieu n’a pas besoin d’aide humaine pour se révéler, mais il a choisi d’associer les hommes à son œuvre du salut. C’est pourquoi il compte sur notre fidélité comme ses messagers envers nos frères et sœurs, afin qu’ensemble nous puissions dire comme André : « Nous avons trouvé celui que nous cherchions ».

Homélie du Dimanche :14-01-2018