MESSAGE FINAL
Message de la 20ème Assemblée Plénière du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar
Réunie à Kigali, au Rwanda, du 30 juillet au 4 août 2025, la 20ème Assemblée Plénière du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar a porté sur le thème : « Le Christ, Source d’Espérance, de Réconciliation et de Paix : La Vision de l’Église-Famille de Dieu en Afrique pour les 25 Prochaines Années (2025-2050) ».
Après les interventions de différents orateurs venus d’Afrique et d’autres continents, suivies de fructueux échanges, nous, Cardinaux, Archevêques et Évêques, membres du SCEAM, adressons ce message à l’Église, Famille de Dieu qui est en Afrique et ses Îles, ainsi qu’aux personnes de bonne volonté.
Dans notre Message Final de la 19ème Assemblée Plénière, qui s’est tenue à Accra au Ghana du 25 juillet au 1er août 2022, nous avons rappelé « la grande insécurité qui règne dans plusieurs régions de notre continent, en raison de l’instabilité socio-politique, de la violence, de la pauvreté économique, de la faiblesse des structures sanitaires, de l’insurrection, du terrorisme, de l’exploitation de la religion à des fins politiques et du manque de respect de l’environnement et de la bonne gouvernance ». Ces défis restent encore à relever dans leur globalité, mais cela ne doit pas constituer un motif pour désespérer. Car, avec le Christ et par Lui, une vertu essentielle est en mesure de combler notre coeur et nous permettre de tourner notre regard vers l’avenir avec assurance et optimisme. Le Christ est Source d’espérance pour l’Afrique et ses peuples.
1. L’espérance au coeur de nos vies
Avant de retourner dans la maison du Père, le Pape François a mis l’ensemble de l’Église sur le chemin de la synodalité. C’est dans cette démarche que s’inscrit notre rencontre de cette année qui se veut un témoignage de réflexion sur notre marche ensemble pour les prochaines 25 années. On le sait, synode veut dire marcher ensemble. Mais nous ne pouvons marcher ensemble que vers un but. Notre but est celui de rendre le Christ toujours présent dans nos communautés et dans nos vies. Le Christ est la fin ultime de notre synode ; il est la raison d’être de notre espérance et de notre engagement à porter la croix à sa suite ; il est notre espérance et le chemin (Jn 14, 6) qui nous conduit à la vérité tout entière et à la vie en abondance (Jn 10, 10).
L’espérance chrétienne repose sur la priorité du Royaume de Dieu. Elle est une promesse du règne de Dieu parmi les hommes de bonne volonté. Cela implique une vie de foi et d’obéissance à Dieu ; un Dieu qui pourvoit à tous les besoins de ceux qui mettent leur confiance en lui : « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu et toutes ces choses vous seront données par-dessus tout » (Mt. 6, 33).
Nous exhortons les chrétiens d’Afrique et des Îles à s’ouvrir à cette espérance que donne le Christ « Résurrection et Vie en abondance » pour être délivrés de toutes les formes de mort auxquelles ils sont confrontés dans leur quotidien. Il nous semble opportun de rappeler ces paroles prophétiques du Pape Saint Jean Paul II, lors de son intronisation, Place Saint Pierre, le 22 octobre 1978 : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, à sa puissance salvatrice. Ouvrez, ouvrez les frontières des États, des systèmes politiques et économiques, ainsi que les immenses domaines de la culture, du développement et de la civilisation. N’ayez pas peur ! » Le défi d’être nous-mêmes les « architectes de l’Afrique que nous voulons » passe, en définitive, par l’ouverture des horizons d’espérance pour notre accomplissement en tant qu’humains et en tant qu’enfants de Dieu », appelés à la nouveauté de l’Évangile qui libère de tout mal (Cf. Instrumentum Laboris, Octobre 2023).
L’espérance chrétienne ne peut être confondue avec une simple vue de l’esprit sans aucune prise sur la réalité humaine concrète. Elle est un engagement, une présence active, au nom du Seigneur Jésus, auprès de ceux qui souffrent, ceux qui subissent des injustices, ceux qui sont laissés au bord de la route par les puissants de ce monde. À la suite du Christ, l’Église d’Afrique et de Madagascar doit faire sienne l’option préférentielle pour les pauvres prônée par son Maître. « Prêcher à temps et à contretemps » (2 Tim 4, 2), à la manière de Saint Paul, c’est cultiver l’audace d’une parole qui bouscule et dérange ce monde. Le Pape Saint Jean Paul II n’avait pas hésité à affirmer qu’« un signe de contradiction » pourrait être « une définition distinctive du Christ et de son Église ». « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » (Mt.10,16), prévenait ainsi Jésus ses disciples, mais, dans le même temps, en adjoignant cette parole qui rassure : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt. 28, 20). Donc, malgré les difficultés de la mission, la présence de Jésus est une source d’espérance pour « une Église en sortie », selon le mot du Pape François, constituée de chrétiens engagés dans la construction d’un monde nouveau, du ciel nouveau et de la terre nouvelle qui nous a été promise. Il s’agit de chrétiens qui transforment l’humanité pour qu’elle devienne Famille de Dieu et pour qu’elle habite le Royaume de Dieu.
Le 15 juin dernier, a été béatifié à Rome, un jeune laïc Congolais Floribert Bwana Chui assassiné en 2007 à Goma pour avoir refusé de laisser entrer des denrées alimentaires avariées en échange d’un pot-de-vin. Le Pape François a rendu hommage a ce jeune
reconnu comme « martyr de l’honnêteté et de l’intégrité morale ». Nous encourageons notre jeunesse africaine à être témoin des valeurs évangéliques.
Le Document de Kampala appelait de ses voeux l’invention d’une Afrique nouvelle, « celle des baptisés qui sont conscients que leur vocation, liée à leur identité, est de s’attacher à la Personne de Jésus Christ, de demeurer en lui, de se laisser transformer par l’Esprit Saint dans l’amour du Père et de travailler pour que le règne de Dieu s’étende davantage au coeur des sociétés africaines (n. 131).
2. Le Christ, source de Réconciliation et de Paix
Les tensions inter-ethniques ou inter-étatiques dans plusieurs régions africaines n’ont d’autre conséquence qu’un appauvrissement humain, engendrant lui-même d’autres appauvrissements qui paralysent l’ensemble du continent. Personne ne sort gagnant dans un conflit, quelle qu’en soit la nature. La réconciliation, le pardon et la paix sont des éléments essentiels pour le développement dans toutes les dimensions de la vie humaine. « Au nom du Christ, insiste Saint Paul, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu ». (2 Co, 5, 20-21). La réconciliation entre les hommes, bien plus entre les chrétiens, doit trouver son fondement dans la réconciliation de Dieu avec l’humanité tout entière dans le Seigneur Jésus.
Nous, vos Pasteurs, estimons que notre mission, au nom du Seigneur Jésus-Christ, est d’appeler à la réconciliation et au pardon de tous les baptisés en conflit pour que l’harmonie, le vivre ensemble instaurés par l’acte salvifique du Christ devienne un choix de vie pour tous.
La réconciliation et la paix « sont un chemin d’espérance » dans le sens où elles dévoilent la vraie nature de l’homme en sa qualité intrinsèque d’un être ouvert aux autres. La proclamation de ce message d’espérance est d’autant plus pressante, quand on sait, hélas ! la persistance des situations où « tant d’hommes et de femmes, d’enfants et de personnes âgées, sont bafoués dans leur dignité, leur intégrité physique, leur liberté, y compris religieuse, privés de la solidarité communautaire, de l’espérance en l’avenir. De nombreuses victimes innocentes portent sur elles le supplice de l’humiliation et de l’exclusion, du deuil et de l’injustice, voire même les traumatismes d’une persécution systématique contre leur peuple et leurs proches.
La paix entre les filles et fils de l’Église d’Afrique et des Îles, baptisés du Christ, doit être sans compromission et sans contrepartie. Elle doit s’enraciner dans la gratuité du don de Dieu dans le Christ par l’Esprit Saint. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne » (Jn. 14, 27), disait Jésus. C’est dans ce sens que le Pape Léon XIV le jour de son élection, affirmait solennellement : « C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmante, humble et persévérante. Elle vient de Dieu, de Dieu qui nous aime tous inconditionnellement ».
L’Église témoin de la souffrance du peuple dans les zones en conflits armés doit s’engager d’une manière plus vigoureuse en termes de sensibilisation et d’action concrète pour la paix. L’éducation à la paix des jeunes générations doit faire partie de ses priorités, afin que tout homme, toute femme d’Afrique et de Madagascar soit un relais de la Paix de Dieu dans le Seigneur Jésus. Nous saisissons cette occasion pour nous adresser à tous nos leaders politiques pour qu’ils aient à coeur le souci des peuples qu’ils gouvernent, qu’ils protègent les plus faibles et promeuvent le dialogue et un mieux vivre ensemble.
Le Pape Saint Paul VI, dans son Encyclique Populorum Progressio (1967) lançait ce message qui demeure d’actualité pour notre continent : « Le développement est le nouveau nom de la paix ». Autrement dit, la paix est une condition sine qua non pour l’émergence d’un environnement sain, seul capable d’assurer les fondamentaux du progrès social e économique. Mais cette paix qui ouvre au développement ne peut être véritable que reliée à sa Source qu’est le Christ. Avec Saint Paul, forts de notre mission prophétique, nous n’aurons de cesse de souhaiter à notre continent : « Que la paix et la charité avec la foi soient données aux frères de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ ! » (Ep. 6, 23).
3. Marcher ensemble comme Église-Famille de Dieu.
Le message que le SCEAM entend placer dans les coeurs des filles et fils d’Afrique et de Madagascar, en sa 20ème Assemblée Plénière, revêt une double dimension : d’une part, raviver et vivre notre véritable identité en tant qu’Église-Famille de Dieu ; Dieu comme notre Père, l’Église comme notre Mère, et les autres comme nos frères et soeurs ; d’autre part, embrasser pleinement la grande mission de la réconciliation.
Parce que nous sommes humains, et que nous nous blessons souvent les uns les autres, nous avons constamment besoin de guérir et de restaurer nos relations. La réconciliation, puisant sa source dans le Christ, nous permet de réparer les liens brisés, et à travers cette guérison, nous sommes appelés à vivre dans la justice et dans la paix. Telle est la mission que nous lègue la deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques : « Le visage de l’évangélisation prend aujourd’hui le nom de réconciliation, condition indispensable pour instaurer en Afrique des rapports de justice entre les hommes et pour construire une paix équitable et durable dans le respect de chaque individu et de tous les peuples ; une paix qui s’ouvre à l’apport de toutes les personnes d bonne volonté au-delà des appartenances religieuses, ethniques, linguistiques, culturelles et sociales respectives ». (Africae Munus, n. 174)
Marcher et vivre comme une Église-Famille de Dieu, c’est être en juste relation avec Dieu et les uns avec les autres. Cela signifie reconnaître Dieu comme notre Père, l’Église comme notre Mère, et nous-mêmes comme frères et soeurs. Cette image nous engage à vivre une vie de communion, d’amour et de responsabilité mutuelle.
Le Christ nous envoie aujourd’hui en mission : renouveler notre compréhension et notre pratique d’être une Famille de Dieu, et servir nos communautés et notre continent avec l’Évangile de la réconciliation, de la justice et de la paix.
Dans le Document de Kampala en 2019, nous disions, dans la même optique, que « L’Église est une famille de personnes unies par la vie, l’acceptation mutuelle, l’amour, l’engagement, la célébration de la foi, le pardon, la joie et le partage. Elle est une communauté de construction de la justice, de la paix, de la solidarité et de la fraternité vécue en parole et en acte. ». Ainsi comprise, l’Église-Famille de Dieu devient un véritable lieu de gestation et d’éclosion de l’espérance, de la réconciliation et de la paix.
Conclusion
En cette année jubilaire, nous rappelons que la mission fondamentale de tous les baptisés est d’être des messagers et des bâtisseurs de l’espérance. C’est ainsi que l’Eglise-Famille de Dieu qui est en Afrique et dans les Îles propose une vision pour les 25 prochaines années ; une vision qui s’enracine dans le Christ notre Espérance et s’articule autour de 12 piliers, à savoir :
1. Évangélisation
2. Auto-prise en charge
3. Modèle familial de gouvernance
4. Formation à la synodalité et à l’engagement missionnaire
5. Sauvegarde de la creation
6. Jeunesse et renouveau de l’Eglise
7. Justice, paix et développement humain intégral
8. Œcuménisme et dialogue interreligieux
9. Mission dans l’environnement numérique
10. Santé du peuple de Dieu
11. Vie liturgique de l’Eglise en Afrique
12. Eglise et la politique.
Que la Vierge Marie, Notre Dame d’Afrique, accompagne l’Église de notre continent afin qu’elle témoigne de Jésus Paix et Espérance.
Kigali, 4 août 2025
+ Fridolin Cardinal Ambongo
Archevêque de Kinshasa
Président du SCEAM
FINAL MESSAGE
Message of the 20th Plenary Assembly of the Symposium of Episcopal Conferences of Africa and Madagascar (SECAM)
Gathered in Kigali, Rwanda, from 30 July to 4 August 2025, the 20th Plenary Assembly of the Symposium of Episcopal Conferences of Africa and Madagascar (SECAM) focused on the theme : “Christ, Source of Hope, Reconciliation and Peace : The Vision of the Church-Family of God in Africa for the Next 25 Years (2025–2050).”
Following addresses by speakers from Africa and beyond, and fruitful deliberations, we, Cardinals, Archbishops, and Bishops, members of SECAM, address this message to the Church, the Family of God in Africa and its Islands, as well as to all people of goodwill.
In our Final Message of the 19th Plenary Assembly, held in Accra, Ghana, from 25 July to 1 August 2022, we recalled “the great insecurity reigning in several regions of our continent, due to socio-political instability, violence, economic poverty, weak health structures, insurgency, terrorism, the exploitation of religion for political purposes, and the lack of respect for the environment and good governance.” These challenges persist and remain to be fully overcome, but they should not be a reason to fall into despair. For with Christ and through Him, an essential virtue can fill our hearts and allow us to look toward the future with confidence and hope. Christ is the Source of hope for Africa and its peoples.
1. Hope at the Heart of Our Lives
Before returning to the Father’s house, Pope Francis set the whole Church on the path of synodality. It is within this framework that our meeting this year takes place, bearing witness to our collective reflection on how we walk together over the next 25 years. As we know, synod means “walking together.” But we can only walk together if we share a common goal. Our goal is to make Christ ever more present in our communities and in our lives. Christ is the ultimate purpose of our synodal journey ; He is the foundation of our hope and the reason we carry our cross in His footsteps. He is our hope and the way (John 14:6) that leads us to the fullness of truth and abundant life (John 10:10).
Christian hope is rooted in the primacy of the Kingdom of God. It is a promise of God’s reign among people of goodwill. This entails a life of faith and obedience to God ; a God who provides for the needs of all who trust in Him : “Seek first the Kingdom of God and His righteousness, and all these things will be given to you as well” (Mt. 6:33).
We exhort all Christians in Africa and its Islands to open their hearts to this hope that Christ, the “Resurrection and the Life in abundance,” offers, so they may be freed from all forms of death that confront them in daily life. It is timely to recall the prophetic words of Saint Pope John Paul II at his inauguration in Saint Peter’s Square on 22 October 1978 : “Do not be afraid ! Open wide the doors for Christ and His saving power. Open the boundaries of States, political and economic systems, as well as the vast fields of culture, development, and civilization. Do not be afraid !”
The challenge of being the “architects of the Africa we want” ultimately involves opening up the horizons of hope, so that we may grow into our full humanity as children of God, called to the newness of the Gospel that sets us free from all evil (cf. Instrumentum Laboris, October 2023).
Christian hope is not to be confused with a mere mental projection detached from reality. It is an active commitment, a presence in the name of the Lord Jesus, alongside those who suffer, who endure injustice, and who are cast aside by the powerful of this world. Following Christ, the Church in Africa and Madagascar must embrace the preferential option for the poor, as taught by her Master. “Proclaim the word ; be persistent whether it is convenient or inconvenient” (2 Tim 4:2), following the example of Saint Paul, calls for bold words that challenge and disrupt the status quo. Saint John Paul II even stated that “a sign of contradiction” could be “a distinctive definition of Christ and His Church.”
“I am sending you out like sheep among wolves” (Mt. 10:16), Jesus warned His disciples, yet He immediately added this reassuring promise : “And behold, I am with you always, until the end of the age” (Mt. 28:20).
Therefore, despite the difficulties of the mission, the presence of Jesus remains a source of hope for “a Church that goes forth,” as Pope Francis says ; a Church made up of Christians actively building a new world, a new heaven, and a new earth that has been promised to us. These are Christians who transform humanity into the Family of God and work to make it inhabit the Kingdom of God.
On June 15, a young Congolese layman, Floribert Bwana Chui, was beatified in Rome. He was assassinated in 2007 in Goma for refusing to allow spoiled food products to enter the country in exchange for a bribe. Pope Francis paid tribute to this young man, recognized as a “martyr of honesty and moral integrity.” We encourage our African youth to bear witness to Gospel values.
The Kampala Document called for the creation of a new Africa : "An Africa of the baptized who are conscious that their vocation, intrinsically linked to their identity, is to cling to the person of Jesus Christ, to remain in Him, to be transformed by the Holy Spirit in the love of the Father, and to work so that the reign of God may spread more deeply within the heart of African societies” (no. 131).
2. Christ, Source of Reconciliation and Peace
Interethnic and interstate tensions in various African regions result only in human impoverishment, which in turn triggers further deprivation that paralyzes the entire continent. No one truly wins in a conflict, whatever its nature. Reconciliation, forgiveness, and peace are essential elements for the development of all dimensions of human life. As Saint Paul insists : “We implore you on behalf of Christ, be reconciled to God. For our sake, He made Him to be sin who knew no sin, so that in Him we might become the righteousness of God” (2 Cor 5:20-21).
Reconciliation between people, and even more so between Christians, must find its foundation in God’s reconciliation with all humanity through the Lord Jesus.
We, your Pastors, believe that our mission, in the name of the Lord Jesus Christ, is to call all baptized persons in conflict to reconciliation and forgiveness, so that the harmony and peaceful coexistence established by Christ’s salvific act may become a lifestyle for all.
Reconciliation and peace are indeed “a path of hope” in that they reveal the true nature of the human person as intrinsically oriented toward others. The proclamation of this message of hope is all the more urgent in light of the continued reality, tragically, where “so many men and women, children and the elderly, are denied their dignity, their physical integrity, their freedom, including religious freedom, deprived of community solidarity and of hope for the future. Countless innocent victims bear the burden of humiliation and exclusion, of bereavement and injustice, and even the trauma of systematic persecution directed against their people and loved ones.”
Peace among the sons and daughters of the Church in Africa and the Islands, baptized in Christ, must be uncompromising and unconditional. It must be rooted in the gratuitous gift of God given through Christ by the Holy Spirit. “Peace I leave with you ; my peace I give to you. I do not give to you as the world gives,” said Jesus (John 14:27). It is in this spirit that Pope Leo XIV, on the day of his election, solemnly declared : “It is the peace of the Risen Christ, disarming, humble, and persevering. It comes from God, who loves us all unconditionally.”
The Church, as a witness to the suffering of peoples in areas plagued by armed conflict, must commit itself more vigorously to awareness-raising and concrete action for peace.
Educating the younger generations in the ways of peace must be among her priorities, so that every man and woman of Africa and Madagascar may become a channel of God’s peace in Christ Jesus.
We seize this opportunity to appeal to all our political leaders to have at heart the wellbeing of the peoples they govern, to protect the weakest, and to promote dialogue and a better way of living together.
Saint Pope Paul VI, in his encyclical Populorum Progressio (1967), launched a message that remains highly relevant to our continent today : “Development is the new name for peace.” In other words, peace is a sine qua non for the emergence of a healthy environment—one that alone can ensure the foundational elements of social and economic progress. However, this peace, which opens the way to development, can only be true if it is rooted in its Source, who is Christ. In the words of Saint Paul, and with firm conviction in our prophetic mission, we never cease to wish for our continent : “Peace be to the brothers, and love with faith, from God the Father and the Lord Jesus Christ” (Eph. 6:23).
3. Walking Together as the Church-Family of God
The message that SECAM seeks to place in the hearts of the sons and daughters of Africa and Madagascar at this 20th Plenary Assembly carries a twofold dimension : first, to rekindle and live out our true identity as the Church-Family of God ; God as our Father, the Church as our Mother, and others as our brothers and sisters ; second, to fully embrace the great mission of reconciliation.
Because we are human and often wound one another, we constantly need to heal and restore our relationships. Reconciliation, whose source is Christ, enables us to mend broken bonds. Through this healing, we are called to live in justice and peace. This is the mission entrusted to us by the Second Special Assembly for Africa of the Synod of Bishops : “The face of evangelization today takes the name of reconciliation, an indispensable condition for establishing relationships of justice among people in Africa and for building a just and lasting peace that respects each person and all peoples. It is a peace open to the contributions of all people of goodwill, beyond religious, ethnic, linguistic, cultural, and social affiliations.” (Africae Munus, no. 174)
To walk and live as the Church-Family of God means to be in right relationship with God and with one another. It means recognizing God as our Father, the Church as our Mother, and ourselves as brothers and sisters. This image calls us to a life of communion, love, and mutual responsibility.
Today, Christ sends us forth on mission : to renew our understanding and practice of being a Family of God, and to serve our communities and our continent with the Gospel of reconciliation, justice, and peace.
In the Kampala Document of 2019, we expressed a similar vision : “The Church is a family of people united by life, mutual acceptance, love, commitment, celebration of faith, forgiveness, joy, and sharing. It is a community for building justice, peace, solidarity, and fraternity, lived out in word and deed.” Understood in this way, the Church-Family of God becomes a true cradle for the birth and growth of hope, reconciliation, and peace.
Conclusion
In this Jubilee Year, we recall that the fundamental mission of all the baptized is to be messengers and builders of hope.
Thus, the Church-Family of God in Africa and its Islands proposes a vision for the next 25 years, a vision rooted in Christ our Hope and structured around twelve pillars :
1. Evangelization (Catholic Education and theological tradition)
2. A self-reliant Church
3. Family model of leadership
4. Formation on missionary discipleship and synodality.
5. Care of creation
6. The youth and the renewal of the Church
7. Justice, Peace and Integral human development
8. Ecumenism and interfaith dialogue
9. Mission in the digital environment
10. The health of the people of God
11. Liturgical life of the African Church
12. Church and Politic
May the Virgin Mary, Our Lady of Africa, accompany the Church on our continent, so that she may bear witness to Jesus, our Peace and our Hope.
Kigali, 4th August 2025
+ Fridolin Cardinal Ambongo
Archbishop of Kinshasa
President of SECAM
MENSAGEM FINAL
Mensagem da 20ª Assembleia Plenária do Simpósio das Conferências Episcopais da África e Madagascar
Reunida em Kigali, Ruanda, de 30 de Julho a 4 de Agosto de 2025, a 20ª Assembleia Plenária do Simpósio das Conferências Episcopais da África e Madagascar refletiu sobre o tema : "Cristo, Fonte de Esperança, Reconciliação e Paz : A Visão da Igreja-Família de Deus na África para os Próximos 25 Anos (2025-2050)".
Após as intervenções de diversos oradores provenientes da África e de outros continentes, seguidas de frutuosas trocas, nós, Cardeais, Arcebispos e Bispos membros do SCEAM, dirigimos esta mensagem à Igreja, Família de Deus presente em África e nas suas Ilhas, bem como a todas as pessoas de boa vontade.
Na nossa Mensagem Final da 19ª Assembleia Plenária, realizada em Acra, Gana, de 25 de Julho a 1 de Agosto de 2022, recordamos "a grande insegurança que reina em várias regiões do nosso continente, devido à instabilidade socio-política, à violência, à pobreza económica, à fragilidade das estruturas de saúde, à insurgência, ao terrorismo, à exploração da religião para fins políticos e à falta de respeito pelo meio ambiente e pela boa governação". Esses desafios ainda persistem em sua totalidade, mas isso não deve ser motivo de desespero. Pois, com Cristo e por Ele, uma virtude essencial pode preencher o nosso coração e permitir-nos olhar para o futuro com confiança e otimismo. Cristo é a Fonte de esperança para a África e seus povos.
1. A esperança no coração de nossas vidas
Antes de retornar à casa do Pai, o Papa Francisco colocou toda a Igreja no caminho da sinodalidade. É nesta perspectiva que se insere o nosso encontro deste ano, que pretende ser um testemunho de reflexão sobre o nosso caminho conjunto para os próximos 25 anos. Como se sabe, sínodo significa caminhar juntos. Mas não podemos caminhar juntos sem uma meta. A nossa meta é tornar Cristo sempre presente nas nossas comunidades e nas nossas vidas. Cristo é o objetivo final do nosso sínodo ; Ele é a razão da nossa esperança e do nosso compromisso em carregar a cruz em sua sequela ; Ele é a nossa esperança e o caminho (Jo 14,6) que nos conduz à verdade plena e à vida em abundância (Jo 10,10).
A esperança cristã fundamenta-se na prioridade do Reino de Deus. Ela é uma promessa do reinado de Deus entre os homens de boa vontade. Isso implica uma vida de fé e de obediência a Deus ; um Deus que provê a todas as necessidades daqueles que depositam n’Ele a sua confiança : "Buscai em primeiro lugar o Reino de Deus e a sua justiça, e todas essas coisas vos serão dadas por acréscimo" (Mt 6,33).
Exortamos os cristãos da África e das Ilhas a abrirem-se a esta esperança que Cristo, "Ressurreição e Vida em abundância", oferece, para que sejam libertos de todas as formas de morte que enfrentam no seu quotidiano. Consideramos oportuno recordar as palavras proféticas do Papa São João Paulo II, durante a sua entronização na Praça de São Pedro, em 22 de outubro de 1978 : "Não tenhais medo ! Abri, escancarai as portas a Cristo, ao seu poder salvador. Abri as fronteiras dos Estados, dos sistemas políticos e económico, os vastos domínios da cultura, do desenvolvimento e da civilização. Não tenhais medo !"
O desafio de sermos os "arquitetos da África que queremos" passa, em última análise, pela abertura dos horizontes de esperança para o nosso pleno desenvolvimento enquanto seres humanos e enquanto filhos de Deus, chamados à novidade do Evangelho que liberta de todo o mal (cf. Instrumentum Laboris, outubro de 2023).
A esperança cristã não pode ser confundida com um mero idealismo sem impacto na realidade concreta da vida humana. Ela é um compromisso, uma presença activa, em nome do Senhor Jesus, junto àqueles que sofrem, que enfrentam injustiças, que são deixados à margem pelos poderosos deste mundo. A exemplo de Cristo, a Igreja em África e em Madagascar deve assumir a opção preferencial pelos pobres, como propôs seu Mestre. "Proclamar a Palavra, oportuna e inoportunamente" (2Tm 4,2), à maneira de São Paulo, é cultivar a ousadia de uma palavra que incomoda e questiona este mundo. O Papa São João Paulo II não hesitou em afirmar que "um sinal de contradição" poderia ser "uma definição distintiva de Cristo e da sua Igreja". "Eis que vos envio como cordeiros no meio de lobos" (Mt 10,16), advertia Jesus aos seus discípulos, mas logo acrescentava a palavra que consola : "Eis que estou convosco todos os dias, até o fim do mundo" (Mt 28,20).
Portanto, apesar das dificuldades da missão, a presença de Jesus é fonte de esperança para "uma Igreja em saída", segundo a expressão do Papa Francisco, formada por cristãos empenhados na construção de um mundo novo, de um novo céu e de uma nova terra que nos foi prometida. Trata-se de cristãos que transformam a humanidade para que ela se torne Família de Deus e para que habite no Reino de Deus.
No dia 15 de Junho passado, foi beatificado em Roma um jovem leigo congolês, Floribert Bwana Chui, assassinado em 2007 em Goma por ter se recusado a permitir a entrada de produtos alimentares estragados em troca de suborno. O Papa Francisco prestou homenagem a este jovem, reconhecido como "mártir da honestidade e da integridade moral". Encorajamos a nossa juventude africana a ser testemunha dos valores evangélicos.
O Documento de Kampala almejava a invenção de uma nova África, "a dos batizados que têm consciência de que sua vocação, ligada à sua identidade, é apegar-se à Pessoa de Jesus Cristo, permanecer n’Ele, deixar-se transformar pelo Espírito Santo no amor do Pai e trabalhar para que o Reino de Deus se estenda mais profundamente ao coração das sociedades africanas" (n. 131).
2. Cristo, fonte de Reconciliação e de Paz
Os conflitos inter-étnicos ou inter-estatais em diversas regiões da África têm como consequência inevitável o empobrecimento humano, o qual, por sua vez, gera outros tipos de empobrecimento que paralisam o continente como um todo. Ninguém sai vencedor de um conflito, seja qual for sua natureza. A reconciliação, o perdão e a paz são elementos essenciais para o desenvolvimento em todas as dimensões da vida humana. "Em nome de Cristo, suplicamos : reconciliai-vos com Deus. Aquele que não conheceu o pecado, Deus o fez pecado por nós, para que nele nos tornássemos justiça de Deus" (2Cor 5,20-21). A reconciliação entre os homens, sobretudo entre os cristãos, deve ter como fundamento a reconciliação de Deus com toda a humanidade em Jesus Cristo.
Nós, vossos Pastores, consideramos que a nossa missão, em nome do Senhor Jesus Cristo, é chamar à reconciliação e ao perdão todos os batizados em conflito, para que a harmonia e a convivência instauradas pelo acto salvífico de Cristo se tornem uma escolha de vida para todos.
A reconciliação e a paz "são um caminho de esperança" na medida em que revelam a verdadeira natureza do ser humano como um ser essencialmente voltado para os outros. A proclamação desta mensagem de esperança torna-se tanto mais urgente diante da persistência de situações em que "tantos homens e mulheres, crianças e idosos, são desprezados na sua dignidade, na sua integridade física, na sua liberdade, inclusive religiosa, privados da solidariedade comunitária, da esperança num futuro. Numerosas vítimas inocentes carregam em si o suplício da humilhação e da exclusão, do luto e da injustiça, e mesmo os traumas de uma perseguição sistemática contra seu povo e seus entes queridos".
A paz entre os filhos e filhas da Igreja em África e nas Ilhas, batizados em Cristo, deve ser incondicional e sem concessões. Ela deve estar enraizada na gratuidade do dom de Deus em Cristo pelo Espírito Santo : "Deixo-vos a paz, a minha paz vos dou ; não vo-la dou como o mundo a dá" (Jo 14,27), disse Jesus. Neste mesmo sentido, o Papa Leão XIV, no dia de sua eleição, afirmou solenemente : "É a paz de Cristo ressuscitado, uma paz desarmante, humilde e perseverante. Ela vem de Deus, de Deus que nos ama a todos incondicionalmente".
A Igreja, testemunha do sofrimento do povo nas zonas de conflitos armados, deve comprometer-se de forma mais vigorosa com ações de sensibilização e iniciativas concretas pela paz. A educação para a paz das novas gerações deve ser uma de suas prioridades, para que cada homem e cada mulher da África e de Madagascar se tornem transmissores da Paz de Deus em Nosso Senhor Jesus. Aproveitamos esta ocasião para nos dirigir a todos os nossos líderes políticos, para que tenham no coração a preocupação com os povos que governam, que protejam os mais fracos e promovam o diálogo e a convivência harmoniosa.
O Papa São Paulo VI, na sua Encíclica Populorum Progressio (1967), lançou uma mensagem que continua actual para o nosso continente : "O desenvolvimento é o novo nome da paz." Ou seja, a paz é uma condição sine qua non para o surgimento de um ambiente saudável, único capaz de garantir os fundamentos do progresso social e económico. Mas essa paz que conduz ao desenvolvimento só será verdadeira se estiver ligada à sua Fonte, que é Cristo. Com São Paulo, fortalecidos por nossa missão profética, não cessaremos de desejar ao nosso continente : "Que a paz e a caridade com fé sejam dadas aos irmãos da parte de Deus Pai e do Senhor Jesus Cristo !" (Ef 6,23).
3. Caminhar juntos como Igreja-Família de Deus
A mensagem que SCEAM deseja depositar nos corações das filhas e filhos da África e de Madagascar, por ocasião da sua 20ª Assembleia Plenária, tem uma dupla dimensão : por um lado, reacender e viver nossa verdadeira identidade como Igreja-Família de Deus, Deus como nosso Pai, a Igreja como nossa Mãe, e os outros como nossos irmãos e irmãs ; por outro, abraçar plenamente a grande missão da reconciliação.
Porque somos humanos e frequentemente nos ferimos uns aos outros, precisamos constantemente curar e restaurar nossas relações. A reconciliação, que tem sua fonte em Cristo, nos permite restaurar laços rompidos e, por meio dessa cura, somos chamados a viver na justiça e na paz. Esta é a missão que nos é legada pela Segunda Assembleia Especial para a África do Sínodo dos Bispos : "Hoje, o rosto da evangelização assume o nome de reconciliação, condição indispensável para estabelecer em África relações de justiça entre os homens e para construir uma paz justa e duradoura no respeito a cada indivíduo e a todos os povos ; uma paz aberta à contribuição de todas as pessoas de boa vontade, além das respectivas pertenças religiosas, étnicas, linguísticas, culturais e sociais." (Africae Munus, n. 174)
Caminhar e viver como Igreja-Família de Deus significa estar em justa relação com Deus e entre nós. Isso implica reconhecer Deus como nosso Pai, a Igreja como nossa Mãe, e a nós mesmos como irmãos e irmãs. Essa imagem nos convida a viver uma vida de comunhão, amor e responsabilidade mútua.
Cristo nos envia hoje em missão : renovar nossa compreensão e prática de ser uma Família de Deus, e servir nossas comunidades e nosso continente com o Evangelho da reconciliação, da justiça e da paz.
No Documento de Kampala de 2019, afirmávamos na mesma linha : "A Igreja é uma família de pessoas unidas pela vida, aceitação mútua, amor, compromisso, celebração da fé, perdão, alegria e partilha. É uma comunidade que constrói a justiça, a paz, a solidariedade e a fraternidade, vividas em palavras e ações." Assim compreendida, a Igreja-Família de Deus torna-se verdadeiramente um espaço de gestação e nascimento da esperança, da reconciliação e da paz.
Conclusão
Neste ano jubilar, recordamos que a missão fundamental de todos os batizados é ser mensageiros e construtores da esperança. É assim que a Igreja-Família de Deus em África e nas Ilhas propõe uma visão para os próximos 25 anos, uma visão enraizada em Cristo, nossa Esperança, e estruturada em torno de 12 pilares, a saber :
1) Evangelização
2) Auto-sustentação
3) Família como modelo da liderança
4) Formação para a Sinodalidade e o engajamento missionário
5) Cuidado da criação
6) Juventude e renovação da Igreja
7) Justiça, paz e desenvolvimento humano integral
8) Ecumenismo e diálogo inter-religioso
9) Missão no ambiente digital
10) Saúde do povo de Deus
11) Vida litúrgica da Igreja em África
12) Igreja e política
Que a Virgem Maria, Nossa Senhora da África, acompanhe a Igreja no nosso continente para que testemunhe Jesus, Paz e Esperança.
Kigali, 4 de Agosto de 2025
+ Fridolin Cardeal Ambongo
Arcebispo de Kinshasa
Presidente do SCEAM